Les dames d’épée
Patrice Allart
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retour sur Agnes de Chastillon et Jirel de Joiry (et : de Sonya la Rouge à Red Sonja)
Le monde howardien est un univers de bruit et de fureur, où de puissants guerriers se taillent à grands coups d’épée une route sanglante à travers une adversité souvent démoniaque. Certains comme Conan et Kull, promis à un destin glorieux, ceignent la couronne de grands royaumes. Parfois, dans ce monde de violence, c’est au nom de Dieu que le glaive est brandi (Solomon Kane, Cormac Fitzgeoffrey). La douceur n’est pas de mise, alors comment espérer trouver de la féminité dans cet univers macho ? Les personnages féminins sont d’ailleurs rares et très secondaires dans ces nouvelles, parfois inexistants. Au cours de ses aventures, Conan, personnage jouissant énormément de la vie (au contraire de Bran Mak Morn, Kull ou Solomon Kane), croise le chemin de bien des femmes, des princesses en péril, des villageoises apeurées après tant de raids de pillards ou de soldats aux ordres de tyrans : des victimes exclusivement donc, un stéréotype de la fantasy serait-on tenté de dire. Néanmoins, les demoiselles en détresse de R.E.H. ne sont pas vraiment les stéréotypes de l’époque. Ainsi, la princesse Yasmina menacée par d’inhumains sorciers n’est pas une faible femme, et Conan traite avec elle d’ « homme à homme », pourrait-on dire (bien que sa féminité ne fasse aucun doute), comme l’indique le dialogue final du Peuple du Cercle Noir : « - Je viendrai prendre ma rançon à ma manière et à mon heure, dit-il. Je viendrai la chercher dans votre palais d’Ayodhya, et je viendrai avec cinquante mille hommes pour m’assurer que les plateaux de la balance sont justes. Elle éclata de rire en saisissant ses rênes. - Et je vous retrouverai sur les rivages de Jhumda avec cent mille de mes hommes ! Les yeux de Conan étincelèrent d’une admiration sans borne. Alors, rebroussant chemin, il leva la main en un geste souverain qui indiquait que la voie était libre devant elle. ». Même chose pour la jeune esclave qui brave mille dangers afin de libérer le Cimmérien dans Hour of the Dragon et qui deviendra reine d’Aquilonie au terme du récit. Et beaucoup d’autres, car, bien que personnages secondaires, elles sont nombreuses dans le cycle de Conan alors qu’elles sont quasiment inexistantes dans ceux de Kull, Bran et Kane (dans les aventures du puritain les femmes se résument en revanche à un stéréotype, celui des victimes sacrifiées). Deux d’entre elles ont même échappé à l’anonymat de tous ces éphémères seconds rôles féminins, au point d’inspirer suites littéraires et séries de bandes dessinées : Bêlit, l’ardente pirate de La Reine de la Côte Noire, bref mais grand amour du Cimmérien, et Valeria de la Fraternité Rouge, autre femme-pirate, égarée avec Conan dans une cité oubliée (Les Clous rouges). Leur entrée en scène à toutes deux est particulièrement réussie, Bêlit est évoquée par le capitaine de l’Argos, présentée comme un démon dans un corps de femme à la tête de pirates sanguinaires. Peu après, son navire apparaît et les marins sont massacrés par les pirates. La reine de la Côte Noire ne fait son apparition qu’après le massacre. « Bêlit (...) se tourna vers Conan. (...) Elle avait le corps d’une déesse : élancé, à la fois souple et voluptueux. Son unique vêtement était une large ceinture de soie. Ses membres à la blancheur d’ivoire et les globes d’albâtre de ses seins firent battre sauvagement le sang dans les veines du barbare, (...) bien qu’il fût encore sous l’emprise de sa folie guerrière. Les cheveux de Bêlit, noirs et épais, aussi sombres qu’une nuit stygienne, retombaient en cascades brillantes au bas de son dos superbe. (...) Aussi insoumise que le vent du désert, elle possédait la souplesse d’une panthère...et n’était pas moins dangereuse qu’elle ! ». Quant aux Clous rouges, la nouvelle s’ouvre sur l’apparition de Valeria, et l’écrivain s’attarde (plus d’une page) sur le personnage, qui a toutes les caractéristiques de la Femme-Héros selon R.E.H. « Elle était grande, elle avait les seins fermes et de longs membres, des épaules solides. Tout son corps reflétait une force inhabituelle qui, cependant, n’empêchait nullement la féminité de sa silhouette de s’exprimer. (...) Sur une hanche gracieuse, elle portait une épée droite à double tranchant, et sur l’autre, un long poignard. Ses cheveux blonds et rebelles, coupés à la hauteur de ses épaules, étaient pris dans un bandeau de satin cramoisi. (...) elle était Valeria de la Fraternité rouge, dont les exploits étaient célébrés par des chants et des ballades partout où se retrouvaient les écumeurs des mers. ». Mais lorsque l’on évoque les rares héroïnes de R.E.H. évoluant dans son univers d’hommes, le premier nom qui vient à l’esprit est celui de Red Sonja. Pourtant, Red Sonja n’est pas une création de Robert E. Howard mais du scénariste B.D. Roy Thomas. Cette compagne d’aventures de Conan le Cimmérien dans les comics est tout de même largement inspirée d’une héroïne de R.E.H. The Shadow of the Vulture (L’Ombre du Vautour) est le dernier des neuf récits historiques de Howard publiés dans The Magic Carpet Magazine (quatorze numéros de 1930 à 1934, les neuf premiers sous le titre Oriental Stories). Le Texan était passionné par l’Histoire. Hélas, le genre n’était pas très commercial par rapport au fantastique et à la S.-F. Il se consola en écrivant les récits de fantasy pour lesquels il est désormais célèbre, des histoires pseudo-historiques se déroulant dans un passé légendaire (l’Age Hyborien de Conan) publiées dans Weird Tales... qui n’était finalement pas le marché lucratif que l’on pourrait imaginer au regard de la légende qu’est devenu le magazine : Weird Tales payait mal et en retard et, à la fin de sa vie, l’écrivain se consacrait presque exclusivement au western, genre américain par excellence et particulièrement vendeur à l’époque. En 1973, Conan the Barbarian, adaptation en bandes dessinées réalisée par Roy Thomas et Barry Smith pour Marvel, remporte un succès non négligeable, une vingtaine de numéros est déjà parue. Les épisodes 4, 7, 8, 11 et 16 adaptent quelques unes des nouvelles originales, les épisodes 3, 9 et 17-18 sont également des adaptations d’histoires de Robert Howard, mais pas d’aventures de Conan ! Il s’agit de transpositions de récits pseudo-historiques dans l’univers hyborien, ce qui ne trahit pas l’esprit de l’œuvre originale puisque rentrant dans le cadre des réincarnations chères à Howard (d’autant que le neuvième épisode transpose un récit du cycle de James Allison, cycle dont le thème central est la réincarnation). Le vingt troisième épisode, qui paraît en février, est une nouvelle transposition, celle de The Shadow of the Vulture : Gottfried devient Conan, Vienne devient Makkalet, Soliman devient Yezdigerd... et Sonya devient Sonja. L’intrigue originale est parfaitement respectée, les Turcs cédant simplement la place aux Turaniens du monde hyborien (qui ne sont en fait que la transposition par R.E.H. des Turcs dans l’univers qu’il a créé !). Les rapports entre Conan le Cimmérien et Sonja d’Hyrkanie sont également très semblables à ceux de leurs modèles, la guerrière se moquant du barbare à plusieurs reprises, le provoquant et le ridiculisant, mais lui sauvant la vie tout aussi souvent. Red Sonja revient dans l’épisode suivant, un scénario original, où les deux compères s’associent pour un vol, mais Conan est roulé et abandonné par son associée. Ce Conan un peu lourdaud est toujours très inspiré du personnage de Gottfried, que son ivrognerie mettait dans les pires situations avant que Sonya ne lui sauve la mise. Dans la nouvelle, un soldat déclare à von Kambach que « cette fille est un vrai démon ! Elle n’est pas la lumière de l’amour pour un homme ! Taillader...pourfendre...et donner la mort ! Voilà ce qui lui plait ! ». Ce qui ne veut pas dire qu’elle est incapable d’aimer, et elle le prouve vraisemblablement à Gottfried (mais hors champ dans ce cas !). Roy Thomas la transforme en vierge guerrière, qui ne se donnera qu’à l’homme qui la vaincra. Pas une partie de plaisir, même pour un certain Cimmérien ! Les réactions du lectorat vis à vis de ce nouveau personnage sont enthousiastes, et quand Marvel lance en août 1974 une seconde série d’aventures de Conan (Savage Sword of Conan), Red Sonja est au rendez-vous. Tout d’abord avec Curse of the Undead-Man, nouvelle transposition d’un récit historique, puis Red Sonja, première aventure en solo de la rouquine, qui fait directement suite à Conan the Barbarian 23-24 et se situe chronologiquement juste avant Curse of the Undead-Man. Sonja revient dans les numéros d’octobre-novembre 1974 de Conan the Barbarian, dont l’action prend place après les événements de Savage Sword of Conan 1. En mai 1975, Marvel lance Kull and the Barbarians, magazine destiné à être le complément de SSoC (puisque consacré aux héros « secondaires » de Howard : Kull, Sonja et Kane) mais qui s’arrête après trois numéros...non sans avoir proposé l’origine de la diablesse rousse d’Hyrkanie (n° 3) : elle tient son invincibilité d’une déesse mais ne la conservera que tant qu’elle ne se sera pas donnée à un homme ! Marvel décide que l’héroïne a mérité sa propre série qui démarre en novembre dans Marvel Feature, due à Roy Thomas et John Buscema puis, dès le second épisode, à Bruce Jones et Frank Thorne. La série se clôture par un crossover avec Conan the Barbarian (CtB 67-68, octobre-novembre 1976, et MF 6-7, septembre et novembre 1976) où participent aussi Bêlit et Kull. Ce succès croissant permet à Red Sonja d’obtenir son propre titre en janvier 1977, toujours bimestriel, écrit par Thomas, dessiné par Thorne puis Buscema. Quinze numéros jusque mai 1979 : c’est un échec, la popularité du personnage dans les séries Conan n’est pas suffisante pour assurer le succès d’un titre qui lui soit exclusivement consacré. Et ce n’est pas le médiocre film de Richard Fleisher tourné en 1985 qui peut relancer Red Sonja, loin de là : une seconde série s’arrête après deux numéros ( !), une troisième va jusqu’à treize, et l’Hyrkanienne n’apparaît qu’à une reprise dans Conan the Barbarian (n° 115). Contre toute attente, Sonja réapparaît dans CtB 196-205, dramatiquement redéfinie par James C. Owsley pour notre plus grand déplaisir, puis dans CtB 241-250, où Roy Thomas reprend l’action là où il l’avait abandonné, au 115. Sans plus de succès dans les deux cas. Puisqu’elles ne sont plus rentables, Marvel abandonne les licences Howard en 2001. Trois ans plus tard, alors que plus personne ne l’attendait, Conan le Cimmérien revient chez Dark Horse Comics et obtient un triomphe. Dynamite Comics, jeune éditeur encore peu important, achète les droits de la franchise Red Sonja et obtient à son tour un triomphe. Red Sonja n’est donc pas une création de Ahrh Eih Eche et son modèle n’est apparu que dans une seule nouvelle (encore n’a t-elle pas le rôle central, c’est Gottfried von Kalmbach qui le tient). D’autres romans sont néanmoins parus au début des années 80, dus à un des nombreux continuateurs de REH, Richard L. Tierney. Mais leur héroïne n’est pas la Sonya de Howard, c’est la vierge guerrière de Roy Thomas (c’est encore elle qui, à l’époque, a les traits de la statuesque Brigitte Nielsen au cinéma). Y a t-il encore une place pour Sonya la Rouge de Rogatino ? La seule héroïne howardienne, du moins la seule à avoir tenu le rôle central d’un et même plusieurs récits, est Agnès de Chastillon. Aucun des trois récits que Howard lui a consacré n’est paru du vivant de l’écrivain : il n’y a guère de marché, nous l’avons vu, pour les récits historiques. Et une femme en vedette en plus ! Comme l’écrit Leigh Brackett (dans la préface au recueil The Sword Woman), « peut-être vint-elle trop tôt...en avance sur son temps. Les femmes capables de faire de telles choses n’étaient pas très populaires dans la littérature de fiction des années trente, particulièrement dans le domaine de l’Aventure. La Jirel de Joiry de C.L. Moore - qui jouissait d’une renommée considérable à cette époque - vivait des aventures uniquement fantastiques, ce qui lui donnait une plus grande liberté d’action. ». Les similitudes entre Agnès et Jirel sont un de ces nombreux exemples du mystère de la création littéraire. Brackett pense que l’héroïne d’Howard est postérieure à celle de Moore : « Il est (...) intéressant de se demander si Agnès la Noire a été inspirée ou non par la Dame de Joiry. Il est tout à fait certain qu’Howard connaissait Jirel. Il avait lu L’Ombre du Dieu Noir, qu’il aimait beaucoup. Il le dit et envoya un exemplaire de la première histoire de son héroïne, Agnès la Noire, à Catherine Moore (...). Mais, en fait, il est impossible de dire lequel de ces deux personnages fut conçu le premier, ou même s’il y a un quelconque rapport entre eux (Jirel, bien sûr, fut publiée dans Weird Tales avant qu’Howard écrive Agnès la Noire). Il est raisonnable de supposer qu’Howard autant que Moore eurent l’idée de leurs guerrières en puisant aux mêmes sources...les récits historiques de ces femmes à qui Howard dédia sa saga d’Agnès la Noire (...). ». Mais la première aventure de Jirel de Joiry est parue en octobre 1934. Or, la disparition de Magic Carpet Magazine au début de l’année a privé le créateur de Conan de son seul débouché dans le domaine des récits historiques, le poussant à se diriger vers d’autres genres. Agnès de Chastillon ne serait-elle pas plutôt antérieure à 1934, et restée dans un tiroir suite à un refus ? Les trois aventures d’Agnès se déroulent suivant un ordre chronologique. La première, et la meilleure, nous présente la jeune paysanne, petite sauvageonne indomptée qui refuse le mari que lui destine son père alcoolique et brutal en plongeant une dague dans le cœur du promis et en s’enfuyant dans la forêt. Plus efficace qu’un non au pied de l’autel ! Mais, comme le souligne Brackett, les femmes de l’époque n’avaient même pas la possibilité de dire non. Lorsque Agnès est battue et menacée de mort par son père, Howard s’en tient à la réalité historique : le chef de famille avait droit de vie et de mort sur ses enfants. Néanmoins, Agnès de Chastillon, qui porte fièrement un nom illégitime puisque noble par son bâtard de père, n’est pas une enfant comme les autres comme le prouve ce meurtre le jour de ses noces : elle est aussi violente et vindicative que son géniteur, qui était soldat et pillard avant de devenir paysan. Au cours du récit elle se trace un chemin sanglant dans un monde qui n’est fait ni pour les femmes, ni pour les pauvres, assassinant sauvagement les hommes qui tentent successivement de lui faire partager leur couche. Une brume rouge flotte devant ses yeux lorsqu’elle se met en colère, elle a le sang aussi bouillant qu’un Conan et se fait très vite un nom, ou plutôt un surnom : la Maîtresse de la Mort. Car contrairement à Sonya elle n’éprouve aucun goût pour la bagatelle. Son but n’est pas de se battre et de faire la guerre comme la Russe, mais simplement de se faire une place dans ce monde, ce qui est tout simplement impossible pour une jeune femme pauvre. C’est pourquoi elle est décidée par tous les moyens à faire oublier sa condition féminine et clame ses intentions haut et fort : « Toujours l’homme dans un monde d’hommes ! (...) Une femme doit savoir rester à sa place : traire les vaches, filer la laine, coudre, cuire le pain et faire des enfants. Elle ne doit surtout pas regarder au-delà du seuil de sa porte ni s’écarter des ordres de son seigneur et maître ! Peuh ! Je crache sur vous tous ! Il n’y a pas un seul homme vivant qui puisse m’affronter, les armes à la main, et survivre ! Et avant de mourir, je le prouverai au monde entier. Femmes ! Vaches ! Esclaves ! Des serfs craintifs qui geignent et rampent...elles courbent le dos sous les coups et prennent leur revanche...en se tuant de leurs propres mains (...). Par Dieu, je vivrai comme je l’entends et mourrai comme le Seigneur le voudra, mais si je ne suis pas digne d’être la camarade d’un homme, du moins je ne serai pas sa maîtresse. ». Cette sombre Agnès est un modèle plus flagrant pour la Red Sonja de Thomas que Sonya de Rogatino - et elle est tout aussi rousse. Le scénariste connaissait d’ailleurs cette héroïne puisqu’il a adapté La Maîtresse de la Mort - sa troisième aventure - sous le titre Curse of the Undead-Man, transformant Agnès en Sonja. Après Agnès la Noire, Robert Howard écrit Des Épées pour la France, moins barbare, plus ancrée dans le contexte historique (la France de François Ier). Le premier texte était entièrement centré sur son héroïne, et le décor importait peu, ici, avec son compagnon Etienne Villiers toujours traqué par les hommes du Duc d’Alençon, elle se trouve entraînée malgré elle au cœur d’un complot politique. Avec ses duels et ses intrigues de cour, ses réunions secrètes et ses guet-apens, Des Épées pour la France fait énormément penser au plus grand des romanciers historiques, Alexandre Dumas. D’ailleurs, l’héroïne ne s’y fait-elle pas appeler Agnès de La Fère plutôt que Agnès de Chastillon ? Du nom de son village natal, certes, mais pourquoi pas aussi, peut-être, en référence à un fameux Mousquetaire du Roi Louis XIII, le plus sombre des quatre héros dont Dumas magnifia les exploits dans Les Trois Mousquetaires ? Néanmoins, le Texan n’appréciait pas la littérature française, « d’une dureté maniérée ». Même s’il plaçait Dumas au dessus du lot (pour son « style d’une virilité absente chez les autres écrivains français »), il pensait qu’il lui manquait la « vivacité palpitante d’un Walter Scott ». Le troisième texte, La Maîtresse de la Mort, est demeuré inachevé et a été terminé par Gerald W. Page pour la publication en volume des aventures d’Agnès, à partir d’un synopsis laissé par Two-Gun Bob. Notre héroïne y fait référence aux événements des deux précédents épisodes, sans doute bien antérieurs : ils appartiennent visiblement au passé, désormais. Agressée par des bandits parce qu’elle s’est trouvée au mauvais endroit au mauvais moment, elle est secourue par un nouveau personnage, nouveau compagnon d’armes, un Écossais nommé John Stuart qui succède au Etienne Villiers des deux autres histoires. Tous deux sont entraînés dans une histoire de magie noire, la vengeance posthume d’un sorcier...et sa résurrection. L’élément fantastique fait pour la première fois son apparition dans le cycle, le cadre historique passe au second plan. Était-ce pour le romancier la simple recherche d’un nouveau débouché (les revues fantastiques relativement plus rentables que les magazines historiques) ou l’influence de la Jirel de Joiry de Moore ? Et dans ce dernier cas, La Maîtresse de la Mort est-elle une des nouvelles aventures d’Agnès souhaitées par Catherine Moore (cf. la préface de Leigh Brackett) ? Avec trois aventures publiées quarante ans après leur conception, Agnès de Chastillon est un des grands personnages méconnus du créateur de Sonya la Rouge - plus célèbre grâce à des B.D. qui n’ont absolument rien à voir avec l’héroïne originale ! De nos jours, les héroïnes fortes sont légion, popularisées dès les années quatre vingt par le cinéma, la TV ou la BD, que ce soit dans les genres action ou fantastique, les simples clones féminins de héros mâles de la décennie précédente ayant peu à peu cédé la place à des personnages plus originaux, ne devant rien à leurs homologues masculins. La fantasy est un des genres où les superwomen sont les plus nombreuses (bien que essentiellement dans le domaine de la bande dessinée), des émules de Red Sonja redoutables et sexy. Mais dans les années trente, c’était très loin d’être le cas. Ce n’est guère étonnant que Agnès de Chastillon n’ait pas trouvé d’éditeur assez audacieux pour publier les aventures d’une femme qui soit l’égale des hommes sur leur propre terrain. Jirel de Joiry était l’exception qui confirmait la règle. Ce personnage apparu dans les pages de Weird Tales en octobre 1934 est l’œuvre d’une jeune femme. Catherine L. Moore est née le 24 janvier 1911. De santé fragile elle se réfugie dans un univers imaginaire et se met à écrire très tôt des récits fantastiques. Le premier à paraître est Shambleau, dans le numéro de novembre 1933 de Weird Tales, et cette histoire de S.-F. mettant en vedette un aventurier de l’espace, Northwest Smith, face à une créature inhumaine mais diablement féminine, à la fois séduisante et monstrueuse, est une révélation. Lecteurs et écrivains s’enthousiasment, Lovecraft écrit : « Shambleau est une grande chose. Le récit commence d’une façon tout à fait admirable. Sur la note de terreur qui convient exactement, avec de ténébreuses allusions évocatrices de l’inconnu. La nature subtilement sinistre de l’entité, suggérée par l’inexplicable horreur qu’elle suscite chez les gens, produit un effet d’une extrême puissance - et la description de la chose elle-même, quand le masque tombe, ne déçoit pas. L’atmosphère et la tension sont réelles, qualités que l’on rencontre rarement dans les récits populaires traditionnels (...). » (cité par Jacques Sadoul dans Histoire de la science-fiction moderne). Moore continue à écrire avec grand succès les aventures de Northwest Smith, puis entame l’année suivante un nouveau cycle. Le personnage de Jirel de Joiry relève non plus de la S.-F. mais de la fantasy. Comme Agnès de Chastillon, Jirel de Joiry est Femme et Française, comme elle c’est une rousse flamboyante, violente et passionnée, très féminine bien que puissamment bâtie, avec un visage d’une beauté dure. « Elle était aussi grande que la plupart d’entre eux et aussi féroce que les plus sauvages. (...) Le visage qui sortait de sa cotte de mailles n’aurait peut-être pas été joli sous une coiffure féminine, mais encadré de son armure d’acier, il possédait une beauté fière comme celle d’une épée, vive comme le choc de deux lames. Les cheveux roux étaient courts sur sa tête altière et dans la flamme dorée de ses yeux étincelait la rage, comme dans un creuset étincelle le métal en fusion. ». Comme Agnès, Jirel s’est imposée parmi les hommes par la force de son épée et a décidé d’être leur égale plutôt que leur compagne. Mais lorsque C.L. Moore nous la présente dans Le Baiser du Dieu Noir, le château de Joiry est tombé entre les mains des ennemis de Jirel et la guerrière est prisonnière de Guillaume qui la prend de force (un sort que Howard a évité à Agnès et Sonya). La châtelaine jure de se venger et s’évade de sa cellule. Mais plutôt que de s’enfuir elle s’engouffre dans les souterrains secrets du château, qui s’enfoncent au cœur de la terre, jusqu’en Enfer. Elle est prête à y abandonner son âme afin d’en ramener une terrible vengeance. L’Enfer selon C.L. Moore n’est pas celui de Dante ni des anciens textes chrétiens, il s’agit d’une dimension parallèle échappant à notre compréhension. Le Baiser du Dieu Noir révèle les deux influences de la jeune femme : la fantasy de R.E. Howard et la S.-F. horrifique de H.P. Lovecraft : « il y avait quelque chose de bizarre dans ces spirales. (...) la courbure et la pente du chemin qu’elle suivait étaient d’un autre ordre que toutes les courbes et toutes les pentes qu’elle avait jamais vues. Elles conduisaient dans l’inconnu et les ténèbres, mais il lui semblait confusément qu’elles conduisaient dans des ténèbres et un mystère au delà de l’ordre purement matériel (...), orientées pour passer à travers un espace polydimensionnel, tout autant qu’à travers les entrailles du sol...peut-être même aussi à travers le temps. ». La fameuse géométrie non-euclidienne à l’œuvre dans l’univers lovecraftien (cf. L’Appel de Cthulhu et La Maison de la sorcière, notamment !). Effectivement, Jirel trouve dans cet univers le moyen d’exercer sa vengeance, et lorsqu’elle revient au château, la seconde fois que Guillaume l’embrasse c’est le baiser mortel du Dieu Noir qu’il reçoit, le damnant pour l’éternité. Jirel de Joiry comprend alors, trop tard, que la haine qu’elle ressentait pour lui était aussi de l’amour. Les deux histoires suivantes du cycle, L’Ombre du Dieu Noir et Le Ténébreux Pays, sont à peine inférieures. Dans cet autre univers, elle affronte le Dieu Noir pour l’âme de Guillaume puis est enlevée par un être nommé Pav qui veut en faire sa reine du royaume de Romne. Jirel refuse l’amour de cet homme sombre et accepte l’aide de sa rivale, bien qu’elle se doute qu’il y aura (encore !) un prix à payer et qu’elle ne comprenne pas, simple guerrière qu’elle est, que cette rivale est la Mort elle-même ; elle ne réalise pas plus que son prétendant est le Dieu Noir lui-même ayant pris forme humaine pour elle. Ces histoires se déroulent dans la France du Moyen-Age mais cela n’a guère d’importance : il s’agit visiblement d’une France imaginaire, purement fantastique. Farnsworth Wright, rédacteur en chef de Weird Tales, refusait régulièrement les récits historiques de Howard parce qu’ils abondaient en détails historiques et en personnages, à tel point que le lecteur ne recherchant que l’évasion et rien d’autre pourrait avoir du mal à suivre. Ce n’est pas le cas chez Moore. Les aventures de Jirel de Joiry se déroulent dans la France de 1500 (cf. La Quête de la Pierre-Étoile) et qu’importe si historiquement (comme le fait remarquer Sadoul) il s’agit plus vraisemblablement de celle de 900 : Catherine n’a que faire de la réalité historique, d’ailleurs l’action des trois premiers épisodes se déroule dans l’enceinte du château de Joiry ou dans un univers parallèle ; l’univers extérieur devient un autre monde, étranger, ce pourrait être la France ou ailleurs. Sa sensibilité féminine l’éloigne également des séquences de batailles où le créateur d’Agnès la Noire est passé maître. Lorsque débutent Le Baiser du Dieu Noir et Le Ténébreux Pays, la bataille est déjà terminée (et Jirel vaincue !). Le cycle relève de la pure fantasy, pas de l’aventure historique. Hellsgarde est la première histoire qui entraîne Jirel hors des limites de son domaine mais là encore il ne s’agit pas de la France historique mais de celle imaginaire magnifiée par les conteurs de la Table Ronde. Le château qui prête son nom à la nouvelle (considérée par Jacques Sadoul comme une des meilleures de l’auteur avec Shambleau) n’est d’ailleurs pas tellement différent de ceux du mythe arthurien, demeure maudite voire magique qui n’apparaît qu’à la tombée de la nuit. La châtelaine de Joiry s’y rend malgré la malédiction qui plane sur le lieu afin d’y dérober un mystérieux trésor, rançon exigée par son vainqueur Guy de Garlot en échange de la vie de ses hommes. Comme Guillaume et Pav, Guy représente l’homme dominateur et tyrannique, beau à l’extérieur laid à l’intérieur. Puissant, séduisant et malfaisant, le personnage correspond tout à fait à la Beauté du Diable, contre laquelle Jirel est impuissante. L’héroïne de C.L.M. diffère des guerrières intraitables de R.E.H. : insoumise, elle est pourtant régulièrement mise à genoux par des conquérants et est ensuite prête à abandonner ce qui lui reste d’humanité pour exercer sa vengeance. Dans Hellsgarde, elle est la proie d’un fantôme violent et violeur et d’humains pires encore qui se repaissent de la non-vie. Les deux dernières nouvelles sont nettement inférieures. Dans Jirel face à la magie, la guerrière et ses hommes triomphent des armées d’un sorcier (une nouvelle fois l’histoire commence après la bataille) mais celui-ci s’enfuit dans une autre dimension, où notre héroïne va bien entendu le traquer. La Quête de la Pierre-Étoile est intéressante pour deux raisons. Tout d’abord, il s’agit de la première collaboration entre Catherine et son futur époux Henry Kuttner, collaboration qui aboutira à un cas unique dans l’histoire de la littérature, fantastique ou non, la naissance de l’entité littéraire « Lewis Padgett », distincte des entités « Moore » et « Kuttner ». Ensuite, il s’agit d’un crossover entre les séries « Jirel de Joiry » et « Northwest Smith », l’aventurier de l’espace et la guerrière moyenâgeuse, abusés par un sorcier se jouant de l’espace et du temps, s’affrontant puis s’alliant pour la possession d’un joyau magique, avant de reprendre leur route solitaire dans leur univers respectif. La fin de l’histoire se clôt sur l’image d’un Smith dans une taverne de l’espace, mélancolique au souvenir de Jirel. Il ne l’a jamais revue - nous non plus. Bibliographie de Bêlit.
Bibliographie de Valeria.
Bibliographie de Sonya la Rouge.
- The Shadow of the Vulture, par Robert E. Howard, première parution dans The Magic Carpet Magazine, janvier 1934, réédition dans The Sowers of the Thunder, 1973, Donald M. Grant ; traduction française : Sonya la Rouge, dans Sonya la Rouge, 1985, NéO n° 144. Bibliographie de Red Sonja.
- The Ring of Ikribu, par David C. Smith et Richard L. Tierney, 1981, Ace Books.
- Demon Night, par David C. Smith et Richard L. Tierney, 1982, Ace Books.
- When Hell Laughs, par David C. Smith et Richard L. Tierney, 1982, Ace Books.
- Endithor’s Daughter, par David C. Smith et Richard L. Tierney, 1982, Ace Books.
- Against the Prince of Hell, par David C. Smith et Richard L. Tierney, 1982, Ace Books.
- Star of Doom, par David C. Smith et Richard L. Tierney, 1982, Ace Books.
Bibliographie de Agnès de Chastillon.
Bibliographie de Jirel de Joiry.
Bibliographie sélective des dames d’épée de R.E.H. en bandes dessinées.
The Shadow of the Vulture nous fait assister au siège de Vienne par les armées turques en 1529. Tel notre Alexandre Dumas, Robert Howard s’impose comme un extraordinaire conteur d’épopées historiques, faisant participer son lecteur à des événements historiques d’envergure nationale voire mondiale en s’attachant à quelques personnages au milieu de la foule des participants. Dumas et Howard nous content la grande Histoire par le biais de la petite, l’aventure humaine. Le héros de l’histoire est un soldat germain, Gottfried von Kalmbach, jadis brillant guerrier, aujourd’hui déchu et ivrogne. Pour l’Histoire, il n’est qu’un parmi les quelques vingt mille anonymes qui ont évité à Vienne de tomber sous les coups d’une armée largement supérieure en nombre, sauvant l’Europe du Grand Turc. Pour le romancier et son lecteur, il est un guerrier indomptable et fataliste dans la tradition des barbares howardiens, dont le sultan Soliman a mis la tête à prix pour venger l’affront d’une blessure infligée lors de la bataille de Mohacs. A Vienne où il trouve refuge après avoir été traqué par les sbires du sultan lancés en avant-garde, Gottfried se lie avec un soldat des plus inattendus. « C’était une jeune femme, habillée d’une incroyable façon. (...) Elle était grande, magnifiquement faite et puissamment bâtie, bien qu’élancée. De sous un casque d’acier s’échappaient des cheveux rebelles qui tombaient sur ses épaules massives en une cascade d’or roux étincelant au soleil. De hautes bottes en cuir de Cordoue lui arrivaient à mi-cuisse, lesquelles étaient prises dans des pantalons amples. Elle portait une fine cuirasse annelée, de fabrication turque, rentrée dans ses pantalons. Sa taille fine était enserrée par une large ceinture de soie verte, dans laquelle était glissées une paire de pistolets et une dague, d’où pendait un long sabre de Hongrie. Une cape écarlate était négligemment jetée sur ses épaules. (...) Elle se tenait à la façon d’un homme, fièrement campée (...). Pourtant, tout proclamait la femme en elle. ». Sonya la Rouge de Rogatino n’apparaît qu’à la vingt-septième des soixante et une pages mais Howard en fait la co-vedette du récit, qui tire régulièrement von Kalmbach de mauvais pas. Comme à son habitude, il n’offre que peu de précisions sur le passé du personnage. Le lecteur sait simplement qu’elle est russe et qu’elle voue une haine farouche à Roxelana, la favorite du sultan... la propre sœur de Sonya, enlevée jadis par les Turcs ; elle la hait, pour ce qu’elle est devenue, et le fait payer chèrement aux envahisseurs, les massacrant avec un entrain sauvage, aussi efficace que le Germain même si elle n’a pas sa puissance physique. La violence des batailles est magnifiquement rendue par Two-Gun Bob, des moments grandioses et vains à la fois qui font de Shadow of the Vulture un des plus grands récits historiques de son auteur. En France, le texte a été rebaptisé Sonya la Rouge à cause du succès de l’héroïne de Roy Thomas citée plus haut. Explication.
Queen of the Black Coast, par Robert E. Howard, première publication dans Weird Tales, mai 1934, réédition dans Conan of Cimmeria, 1969, Ace Books ; traduction française : La Reine de la Côte Noire, dans Conan le Cimmérien, 1982, Titres S.-F.
Conan the Rebel, par Poul Anderson, 1980, Ace Books ; traduction française : Conan le rebelle, 1982, Presses de la Cité.
Red Nails, par Robert E. Howard, première publication dans Weird Tales, juillet, août-septembre et octobre 1936, réédition dans Conan the Warrior, 1966, Ace Books ; traduction française : Les Clous rouges, dans Conan : La Naissance du monde, 1972, Édition Spéciale, et dans Conan le guerrier, 1981, Titres S.-F.
The Sword Woman, par Robert E. Howard, première parution dans The Sword Woman, 1977, Zebra Books ; traduction française : Agnès la Noire, dans Agnès de Chastillon, 1983, NéO n° 78.
Blades For France, par Robert E. Howard, première parution dans The Sword Woman ; traduction française : Des Épées pour la France, dans Agnès de Chastillon.
Mistress of Death, par Robert E. Howard et Gerald W. Page, première parution dans The Sword Woman ; traduction française : La Maîtresse de la Mort, dans Agnès de Chastillon.
The Black God’s Kiss, par C.L. Moore, première parution dans Weird Tales, octobre 1934, réédition dans Shambleau and Others, 1953, Gnome Press, et Jirel of Joiry, 1969 ; traduction française : Le Baiser du Dieu Noir, dans Fiction n° 186, juin 1969, et dans Jirel de Joiry, 1974, J’Ai Lu.
The Black God’s Shadow, par C.L. Moore, première parution dans Weird Tales, décembre 1934, réédition dans Shambleau and Others et Jirel of Joiry ; traduction française : L’Ombre du Dieu Noir, dans Fiction n° 189, septembre 1969, et dans Jirel de Joiry.
Jirel Meets Magic, par C.L. Moore, première parution dans Weird Tales, juillet 1935, réédition dans Shambleau and Others et Jirel of Joiry ; traduction française : Jirel face à la magie, dans Fiction n° 198, juin 1970, et dans Jirel de Joiry.
The Dark Land, par C.L. Moore, première parution dans Weird Tales, janvier 1936, réédition dans Northwest of Earth, 1954, Gnome Press, et Jirel of Joiry ; traduction française : Le Ténébreux Pays, dans Fiction n° 239, novembre 1973, et dans Jirel de Joiry.
Quest of the Star-Stone, par C.L. Moore et Henry Kuttner, première parution dans Weird Tales, novembre 1937 ; traduction française : La Quête de la Pierre-Étoile, dans Jirel de Joiry.
Hellsgarde, par C.L. Moore, première parution dans Weird Tales, avril 1939, réédition dans Northwest of Earth et Jirel of Joiry ; traduction française : Hellsgarde, dans Fiction n° 231, mars 1973, et dans Jirel de Joiry.
Conan the Barbarian 23, février 1973 : The Shadow of the Vulture, scénario de Roy Thomas, dessins de Barry Smith, d’après R.E.H. ; intro Red Sonja.
Conan the Barbarian 24, mars 1973 : The Song of Red Sonja, scénario de Roy Thomas, dessins de Barry Smith.
Savage Tales 2-3, octobre 1973-février 1974 : Red Nails, scénario de Roy Thomas, dessins de Barry Smith, d’après R.E.H. ; intro Valeria.
Savage Sword of Conan 1, août 1974 : The Curse of the Undead-Man, scénario de Roy Thomas, dessins de John Buscema, d’après R.E.H. ; guest star Red Sonja.
Savage Sword of Conan 1 : Red Sonja, scénario de Roy Thomas, dessins de Esteban Maroto et Neal Adams ; premier épisode solo de Red Sonja.
Conan the Barbarian 43-44, octobre-novembre 1974 : Tower of Blood, scénario de Roy Thomas, dessins de John Buscema ; guest star Red Sonja.
Conan the Barbarian 48, mars 1975 : Episode, scénario de Roy Thomas, dessins de John Buscema ; épisode solo de Red Sonja.
Kull and the Barbarians 2, 1975 : Red Sonja, She-Devil With a Sword, scénario de Roy Thomas, dessins de Howard Chaykin, d’après R.E.H. ; épisode solo de Red Sonja.
Kull and the Barbarians 3, 1975 : Day of the Red Judgment, scénario de Roy Thomas et Christy Marx, dessins de Howard Chaykin ; origine de Red Sonja.
Marvel Feature 1, novembre 1975, rééditions d’épisodes solo de Red Sonja.
Marvel Feature 2-7, janvier-novembre 1976, scénario de Bruce Jones puis Roy Thomas, dessins de Frank Thorne ; première série d’aventures solo de Red Sonja.
Conan the Barbarian 58, janvier 1976 : Queen of the Black Coast, scénario de Roy Thomas, dessins de John Buscema, d’après R.E.H. ; intro Bêlit (personnage récurrent jusqu’au n° 100).
Conan the Barbarian 59, février 1976 : The Ballad of Bêlit, scénario de Roy Thomas, dessins de John Buscema.
Conan the Barbarian 68, novembre 1976 : Of Once and Future Kings, scénario de Roy Thomas, dessins de John Buscema ; guest stars Red Sonja, Bêlit.
Red Sonja 1-15, janvier 1977-mai 1979, scénario de Roy Thomas, dessins de Frank Thorne puis John Buscema.
Savage Sword of Conan 23, novembre 1977 : Wizards of the Black Sun, scénario de Roy Thomas, dessins de Frank Thorne ; épisode solo de Red Sonja.
Conan the Barbarian 100, juillet 1979 : Death on the Black Coast, scénario de Roy Thomas, dessins de John Buscema, d’après R.E.H. ; mort de Bêlit.
Savage Sword of Conan 45, septembre 1979 : Master of Shadows, scénario de Christy Marx, dessins de John Buscema ; épisode solo de Red Sonja.
Conan the Barbarian 115, octobre 1980 : War of the Magicians, scénario de Roy Thomas, dessins de John Buscema ; guest star Red Sonja.
Red Sonja 1-2, février-mars 1983.
Red Sonja 1-4, août 1983-février 1984, 5-13, janvier-septembre 1985.
Red Sonja : the Movie 1-2, novembre-décembre 1985.
Savage Sword of Conan 127, juillet 1986 : Reunion in Scarlet, scénario de Don Kraar, dessins de Mike Docherty ; guest star Valeria.
Conan the Barbarian 196-199, juillet-octobre 1987, Annual 12, 1987, 200, novembre 1987, 204-205, mars-avril 1988, scénario de James C. Owsley, dessins de Val Semeiks ; guest star Red Sonja.
Savage Sword of Conan 144, décembre 1987, scénario de Charles Dixon, dessins de Gary Kwapisz ; guest star Red Sonja.
Savage Sword of Conan 170, février 1990 : Emerald Lust, scénario de Charles Dixon, dessins de Gary Kwapisz ; guest stars : Red Sonja, Valeria.
Savage Sword of Conan 179, novembre 1990 : The Fury of the Iron Damsels, scénario de Charles Dixon, dessins de Gary Kwapisz ; guest stars : Red Sonja, Valeria.
Conan the Barbarian 241-250, avril 1991-janvier 1992, scénario de Roy Thomas, dessins de Gary Hartle puis Mike Docherty ; guest star Red Sonja.
Conan : The Ravagers Out of Time, 1992, scénario de Roy Thomas, dessins de Mike Docherty ; guest star Red Sonja.
Savage Sword of Conan 194-197, février-mai 1992, scénario de Roy Thomas, dessins de John Buscema ; guest star Valeria.
Savage Sword of Conan 201, septembre 1992 : Man in the Iron Tower, scénario de Roy Thomas, dessins de M.C. Wyman ; guest star Valeria.
Savage Sword of Conan 211-213, 215, 217, juillet-septembre, novembre 1993, janvier 1994 : Conan and the Gods of the Mountain, scénario de Roy Thomas, dessins de Rafael Kayanan ; guest star Valeria.
Savage Sword of Conan 225, septembre 1994 : Swords of Sukhmet, scénario de Roy Thomas, dessins de John Buscema ; guest star Valeria.
Savage Sword of Conan 225 : Valeria of the Red Brotherhood, scénario de Roy Thomas, dessins de Esteban Maroto ; origine de Valeria.
Conan the Savage 2-4, septembre-novembre 1995 : The Stalker of the Snows, scénario de Roy Thomas, dessins de Mike Docherty ; guest star Bêlit.
Red Sonja : Scavenger Hunt 1, décembre 1995, scénario de Glenn Herdling, dessins de Ken Lashley.
Conan : River of Blood 1-3, juin-août 1998, scénario de Roland Green, dessins de Geof Isherwood ; guest star Valeria.
Red Sonja 0, avril 2005, 1 et suivants, depuis juin 2005, scénario de Michael Avon Oeming et Mike Carey, dessins de Mel Rubi.




